BECASSIER
Patrice Mallet

Bécassier...
éleveur... dresseur

Trois compétences quelquefois difficiles à
équilibrer, trois passions souvent
complémentaires qui règlent la vie de
Patrice Mallet.

L

orsque nous contactons Patrice pour parler bécasse, il accepte d'emblée mais précises qu'il ne saurait le faire sans y associer ses braques du bourbonnais.

Aucune objection, habitué à la trilogie : oiseau, chien, homme, nous pouvons nous entendre et le rendez-vous est pris un certain 10 novembre, date où de nombreux bécassiers préfèrent arpenter les taillis à la quête de la belle que d'en parler au coin du feu.

Avec Patrice, nous avons fait le deuxième choix, nous disant que par cet après-midi pluvieux à souhait, la lune de toutes façons n'y est pas, et qu'il faudra avoir la sagesse d'attendre encore un peu : ce n'est pas Guy Dubois, le Corrézien, qui me contredira sur ce point.

Bécassier, Patrice Mallet possède l'éthique, il a appris à respecter le

gibier, il est convaincu que l'avenir est fait de gestion cynégétique, de rigueur personnelle des participants ; il accepte difficilement la médiocrité dans notre activité et devient rapidement convaincant lorsqu'il affirme qu'il faut investir sur les jeunes chasseurs.


Formateur de braques
De là à transposer ces règles fondamentales à l'élevage et au dressage de ses protégés il n'y a qu'un pas de ... braque, et il est très vite franchi.

Patrice a connu la chasse de la bécasse en 1989, il la pratique beaucoup plus épisodiquement qu'il ne le souhaiterait à cause de nombreux engagements contraignants que lui imposent son activité d'éleveur et d'une profession qu'il faut bien maintenir. Car à 44 ans, notre formateur de braques du bourbonnais ne peut

pas se permettre de décrocher pour se consacrer à la seule activité cynophile qui ne saurait suffire aux revenus de la famille, même si Madame a sa propre activité et s'avère une collaboratrice efficace auprès des braques et tout particulièrement des bébés qu'il faut souvent comaterner auprès de leur mère.


Les hauts plateaux de la Lozère
Patrice pratique la chasse de la bécasse sur les hauts plateaux de la Lozère avec son ami André Charmaillac, même s'il a l'occasion de sortir ses braques sur les mordorées du nord du Puy-de-Dôme ou du sud de l'Allier ; son visage s'illumine et ses propos deviennent plus poétiques lorsqu'il aborde la question bécassière pratiquée en terre d'Aubrac ou sur le versant sud de la Margeride. Il ne met pas longtemps à convaincre qu'une bécasse prélevée dans ces sites merveilleux a une toute autre valeur que celle prise dans une haie touffue de la plaine bourbonnaise. Même si la bécasse logée dans la "bouchure"(1) fera travailler le braque de belle façon, cela ne vaudra jamais le spectacle de ce chien bloquant la belle au pied d'un genévrier, engoncé jusqu'au poitrail dans la bruyère d'un violet resplendissant, et respirant à pleins poumons l'oxygène de ces quelques 1000 mètres d'altitude.

Pas besoin de vous dire que Patrice préfère de loin pratiquer avec son ami André sur ces hauts plateaux de rêve.

Magnifique arrêt à patron de deux braques du Bourbonnais
Arrêt à patron de deux braques
Le Chasseur de Bécasse n° 9 - Eté 1999